Qu’est ce que l’anisométropie?

Anisométropie enfant

Résumé :

L’anisométropie peut entraîner des complications visuelles importantes, notamment l’amblyopie.

Chez l’enfant le dépistage précoce de l’anisométropie et sa prise en charge est donc essentiel pendant la période sensible ou période critique afin d’éviter ou de traiter l’amblyopie.

Cet article vise à fournir une vue d’ensemble des mécanismes et des solutions associés à l’anisométropie.

Comprendre l'Anisométropie : la différence de réfraction entre les deux yeux

Qu’est-ce que l’anisométropie?

L’anisométropie est une différence de réfraction entre les deux yeux.

Définition technique de l’anisométropie :

Elle est cliniquement significative lorsqu’elle dépasse :

  • 1 dioptrie pour la sphère,
  • 0,75 dioptrie pour le cylindre, ou
  • Lorsqu’il existe une différence notable d’axe dans le cas d’un astigmatisme.

Définition fonctionnelle :

L’anisométropie est réelle des lors que la différence de réfraction perturbe le bon développement de la vision de l’enfant.

Aussi méfions-nous des « petites » anisométropie : parfois, pour une personne, une faible différence de réfraction entre les deux yeux peut entrainer une amblyopie, une perturbation de la vision binoculaire ou une gêne fonctionnelle.

Pourquoi est-ce important?

Lorsque l’anisométropie n’est pas corrigée, elle peut provoquer des problèmes significatifs :

  • Amblyopie : l’œil le plus amétrope devient « paresseux » à cause de la suppression de l’image perçu par cet œil.
  • Aniséiconie : une différence dans la taille des images perçues par le cerveau, entraînant des perturbations dans la vision binoculaire et stéréoscopique.
  • Strabisme : l’œil présentant la plus forte correction peut dévier (souvent convergent chez l’enfant).

Corriger l’anisométropie tôt dans la vie est essentiel pour minimiser ces risques et permettre un développement visuel optimal.

Aniséiconie : Un défi supplémentaire

L’Aniséiconie est une différence de taille entre les images perçues par le cerveau. Ce phénomène survient souvent dans le cadre d’une anisométropie réfractive.

Impact et types d’aniséiconie :

Si l’aniséiconie est congénitale, elle peut être bien tolérée dans l’enfance et ne pas entrainer de gêne fonctionnelle. En revanche, elle est associée avec l’anisométropie au développement limité de la vision binoculaire.

D’autre part une correction tardive de la réfraction (chirurgie réfractive, chirurgie de la cataracte) pourra révéler l’aniséiconie en lien avec l’anisométropie initiale.

Approches thérapeutiques

1. Correction optique totale (COT)

Une correction optique totale est fondamentale dès la détection de l’anisométropie, notamment chez l’enfant. Elle constitue la première étape de la prise en charge, permettant d’égaliser la réfraction entre les deux yeux.

Elle doit réaliser après un examen sous cycloplégique par cylopentolate (skiacol®) à partir de 12 mois ou atropine (dosage adapté en fonction de l’âge de l’enfant)

2. Occlusion préventive ou thérapeutique

En cas d’amblyopie, l’occlusion de l’œil dominant peut être prescrite. Ce traitement stimule l’œil « paresseux » et favorise la récupération visuelle.

Il est tout à fait possible d’utiliser une occlusion préventive chez l’enfant en âge pré verbal devant une anisométropie.

3. Rééducation orthoptique

Des exercices ciblés aident à améliorer :

  • Les amplitudes de fusion (capacité des deux yeux à travailler ensemble).
  • La vergence pour la vision de près.

4. Lentilles de contact

Les lentilles sont parfois envisagées comme alternative pour réduire l’aniséiconie dans les cas sévères d’anisométropie. Cependant, elles sont souvent mieux adaptées aux enfants plus âgés.

Prévalence et prévention

  • L’anisométropie touche environ 4 % de la population générale, avec une prévalence accrue chez les patients présentant de fortes amétropies.
  • Si elle est détectée après l’âge de 6 ans, le risque d’amblyopie augmente considérablement, atteignant environ 30 %.
  • Une correction précoce réduit les risques et maximise les chances d’une récupération visuelle complète.

Conclusion

Le développement de la vision de l’enfant est un enjeu.

L’anisométropie et l’amblyopie constituent des défis qui nécessitent une prise en charge précoce, personnalisée et pluridisciplinaire.

Grâce à une meilleure compréhension de ces troubles, à l’amélioration significative du dépistage visuel des enfants sur le territoire il est désormais possible d’améliorer significativement la vision des enfants, tout en minimisant les séquelles à long terme.

Une collaboration étroite entre ophtalmologues, orthoptistes et opticiens est la clé du succès.